Août 1999, c’est le grand départ, tant attendu! Je me revois à l’aéroport à Paris… Joie de retrouver d’autres volontaires partant pour la même destination et avec qui j’avais vécu le stage de préparation au départ…. mais aussi des questions qui revenaient au grand galop à l’heure du départ: « Ai-je bien fait ? Est-ce que ce n’est pas une erreur de tout laisser et de partir ainsi ? Est-ce que je serai à la hauteur ?… »
« Attachez vos ceintures, » l’heure du décollage a sonné ! Moment de sérénité ou le mot « confiance » reprend son entière place. Je ne serai jamais totalement prête au départ, je ne sais pas exactement ce qui m’attend mais CONFIANCE!  D’autres sont passés par là et en sont revenus grandis, si on te dit que ta place est là, alors pars !

Arrivée très tôt le matin, sous la chaleur des réacteurs au moment de descendre sur la piste… enfin c’est ce que j’ai cru l’espace de quelques instants ! Djibouti capitale m’accueille sous une chaleur étouffante ! En quelques jours je vais apprendre à me persuader qu’il fait frais et que tout va bien. Merci la clim ! Sans elle aucun repos possible en cette période, ni de nuit ni de jour
A l’arrivée de mon partenaire, je vais d’autant plus apprécier de me rendre à Ali Sabieh mon lieu de vie pour les 2 années à venir. Pays des « Assajog », où l’air est plus frais, la brousse recouverte de rocaille volcanique plus « sereine » loin de l’agitation de la ville, les habitants des « toukouls » au détour des oueds toujours très accueillants.
Djibouti tout petit pays, certes mais tellement varié en paysages !

C’est là que je découvrirai un peu plus avant le monde musulman, de l’intérieur. Deux années de partages de vie, de foi, de questions (l’éducation, la place des femmes, nos religions et nos cultes…). Beaucoup d’amis, de rencontres, de joie qui nous font oublier les difficultés quand elles se présentent ! Deux années qui m’ont permis de me questionner sur ma foi mais aussi sur le sens donné à ma vie, l’accueil de l’autre différent, la relation au temps, les priorités…etc.
J’apprendrais à partir à la rencontre de l’autre « sans rendez-vous », sans savoir de quoi sera fait le moment partagé, sans savoir non plus combien de temps cela durera…
J’aurais la chance de participer au développement du sport féminin grâce à Gaboni (prof de sport du collège) qui viendra me chercher pour monter une équipe féminine de hand dans le cadre de la campagne présidentielle. Que de joie lors des déplacements avec les « gazelles d’Ali Sabieh ». Leurs pères les laisseront partir malgré les réticences émises à la mosquée le vendredi.

Au retour en France, la mondialisation prend une toute autre dimension pour moi, ce n’est plus des pays lointains dont on me parle mais de Fardoussa, Gaboni, Abdoulkader, et bien d’autres amis laissés là-bas ! Je me prends alors à rêver et à défendre une mondialisation plus centrée sur l’homme.

Merci la DCC pour cette expérience de vie rendue possible!