« En me promenant dans la montagne, j’ai aperçu un animal sauvage… En m’approchant j’ai vu que c’était un homme. En m’approchant encore, j’ai vu que c’était mon frère ».

S’approcher… Je repense à ce proverbe ancien que j’avais lu ou entendu quelque part lors du stage de départ à Rennes début juillet 2014. Il m’a accompagné durant toute la durée de ma démarche de mon volontariat entre septembre 2014 et octobre 2016…
Rien ne s’est passé comme prévu. Pour cause d’Ebola.
En partant pour la Guinée Conakry (ma mission d’origine) où je ne suis finalement jamais allé, je ne cherchais rien de précis, il me semble… Après une carrière déjà bien remplie comme on dit, l’idée était simplement de partir, à un âge où beaucoup de gens autour de moi revenaient et désespéraient déjà de tout !
Et j’ai trouvé tant de choses.
Au plus loin du désert mauritanien, de la savane sénégalaise ou des Hautes-terres malgaches, ce que j’ai le plus appris aura été dans ces moments de relation simple et de frugale convivialité, sans plus de façon et beaucoup de fraternité, avec des gens qui ont finalement tant à nous apporter, et dont j’ai sans doute plus appris que je leur ai donné. Qu’ils soient Touaregs, Wolofs ou Betsileo, musulmans, chrétiens ou animistes. Parfois en ne se disant rien et en écoutant juste le son des choses de la vie qui nous entoure. C’est fou ce que le silence a à nous dire. Ai-je mieux appris à vivre au présent dans ces ailleurs où le temps est perçu différemment ? Sans doute.
Ces deux années m’auront mis en résonance, beaucoup plus que je croyais l’être déjà avec le monde : la nature, les peuples, les générations (tous ces jeunes volontaires remplis d’ouverture aux autres et d’enthousiasme !) et avec cet infiniment « quelque Chose » de spirituel ou de philosophique, qu’importe pour ma part, que j’appelle simplement la « Force de la vie ».
Ce que je veux dire, c’est que ces deux années de volontariat de solidarité internationale auront été pour moi deux ans de dépouillement, notamment de pas mal de petites vanités (il doit bien m’en rester quelques unes quand même ), et d’union simple avec les populations. De plus d’humilité en tout cas j’espère, et de regard plus bleu.
Je suis retourné quelques mois à Madagascar dans le cadre d’un autre contrat. Ce n’était plus tout à fait pareil. La démarche de volontariat ouvre plus grand le regard.
A mon retour, à 60 ans, j’ai retrouvé un emploi en France de directeur d’association. Ce que j’ai acquis durant ces années de volontariat y ont grandement contribué.