Cela fait déjà 28 ans que je m’envolais pour la première fois vers une terre lointaine grâce à la DCC, à ma congrégation religieuse -les Augustins de l’Assomption-, et à l’État français qui imposait à l’époque un service obligatoire sous une forme ou sous une autre. Je crois pouvoir dire que cette expérience de deux années en Côte d’Ivoire comme prof de math, physiques, musique dans un petit séminaire, a marqué un tournant dans ma vie. Pas tant sur le choix fondamental de ce que je voulais faire de ma vie, car le choix de la vie religieuse, était déjà posé avant le départ en coopération ; mais relatif à l’ouverture au monde que cela m’a permis. Je me souviens très bien que je suis partis en Afrique, non pas à reculons, mais sous forme de défi personnel. Je me disais : « Mais pourquoi vouloir se rendre utile à l’autre bout du monde alors qu’il y a tellement de situations de pauvreté chez-nous ?… », et dans le même mouvement je me disais que c’était une opportunité à saisir pour sortir de « chez-moi » dans tous les sens du terme et m’ouvrir à autre chose. Une deuxième motivation consistait, pour moi, à vérifier que l’attrait pour la vie religieuse, la vie de foi, la vie de l’Église n’était pas qu’une peinture de surface, étant plongé depuis mon enfance dans la vie paroissiale : « Qu’allait-il devenir de ma foi, de mon désir de me donner à Dieu, sans le décorum auquel j’étais habitué et dans un tout autre contexte de société et d’Église ? »

Ces deux attentes furent comblées, effectivement je n’ai plus été le même après ce séjour de deux ans en Afrique  et, d’autre part, ma foi a pu s’approfondir et s’épurer dans un autre contexte. Je crois que le principal bénéfice d’un temps de volontariat c’est de faire l’expérience d’une humanité unique, interdépendante, extraordinaire, assoiffée d’une vie belle et bonne : Partout sur la planète il y a le ciel et la terre, et entre les deux, des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants cherchant à vivre au mieux leur vie ! Notre rôle de volontaire ne consiste qu’à partager, dans la réciprocité, cette soif de vie ! Le départ de Côte d’Ivoire fut un adieu, et je n’y ai pas encore remis les pieds, même si je vis depuis six ans au Togo maintenant, mais les liens sont restés fort et Facebook fait des miracles : j’ai repris contact depuis quelques mois avec plusieurs de mes anciens élèves… J’ai eu la chance de vivre, par la suite, de façon stable dans plusieurs pays, en France bien-sûr, mais aussi 9 ans au Québec et depuis 6 ans au Togo… Cela n’aurait certainement pas été possible, ou vécu de façon aussi heureuse, si je n’avais pas eu la chance de rencontrer la DCC sur mon chemin. Je souhaite que de nombreuses personnes puissent bénéficier encore longtemps de l’accompagnement de la DCC…