J’ai été envoyée à Djibouti, dans un orphelinat, en tant qu’infirmière.

Malgré les 14 ans passés, je pense encore souvent à Djibouti. Je me sens reliée de cœur à ce pays. Il me revient des odeurs, des sons, des images. Parfois c’est agréable, parfois je ressens une légère nostalgie. Vivre à l’étranger me manque. Ça fait partie de mes rêves : vivre le volontariat en famille. Un jour peut-être?

Je suis en lien avec deux amis de là-bas, venus vivre en France ; le plus dur pour eux, c’est l’éloignement de leur famille ce que je comprends bien l’ayant vécu pendant deux ans. Ils me tiennent informés de l’évolution du pays. Il y a des progrès bien sûr, mais aussi une pauvreté qui reste scandaleuse, des migrants de plus en plus nombreux…Bref ! Malgré les années, je reste très sensible à ce qui se passe dans ce pays. Et surtout, plus largement je suis très sensible à l’injustice dans le monde, au non respect des droits humains, de l’environnement…

J’essaie de ne pas m’endormir. Etre responsable à travers mes choix de consommation. Le souvenir de l’accueil chaleureux et simple des djiboutiens nous a poussé à accueillir une famille de migrants à la maison. J’essaie de continuer à me former, comprendre les dysfonctionnements qui maintiennent dans la pauvreté et les inégalités des populations entières. Je ne compte pas que sur les politiques pour transformer le monde. J’essaie de peser sur le débat public. En tant que bénévole au CCFD, on interpelle prochainement des candidats au législatives sur 15 propositions « pour une France plus solidaire dans le monde » ; ça me fiche un peu la trouille cette rencontre, mais je tiens à faire entendre nos voix : nous croyons en un monde viable et durable pour tous. Au nom de tous ces hommes et ces femmes rencontrés à Djibouti, qui se sont intéressés à moi, gratuitement. Au nom de toutes ces expériences, signes que l’ouverture, le respect, le dialogue interculturel sont fructueux. Parfois je me décourage sérieusement… Je contemple alors les multiples initiatives positives qui foisonnent de partout. Ouf ! Ça bouge ! On y croit !

Enfin, je peux témoigner que mon volontariat agit encore aujourd’hui sur mon travail ; A Djibouti, je m’occupais des enfants au niveau sanitaire et je ressentais un manque, une aspiration profonde à participer à leur éveil, leur éducation. Et bien, ça y est ! Cette année, je suis devenue assistante maternelle. J’accompagne ma fille dans son développement ainsi que deux autres enfants. Auprès d’eux, j’essaie de vivre l’ouverture, la bienveillance, la patience, l’adaptation…Tiens donc ! Ces capacités me rappellent quelque chose ! Merci le volontariat qui a participé à faire grandir mes talents pour comprendre mes collègues, la culture, m’intégrer…

Alors, oui, mon volontariat a changé des choses en moi.

MERCI à toute l’équipe professionnelle et bénévole DCC que j’ai eu la joie de connaître.