« Professeur de français et d’anglais à Madagascar », ainsi s’intitulait ma proposition de poste. Une proposition que j’ai acceptée sans trop me poser de questions, en me disant « on verra bien sur place ». Quelques mois plus tard, je fus donc « catapultée » dans un lycée catholique tenu par des sœurs malgaches, à Fénérive sur la côte Est de Madagascar. Un environnement de sable blanc, lagons et cocotiers, un climat chaud et humide, mais avant tout un environnement marqué par des inégalités sociales flagrantes face auxquelles on ne peut rester insensible.

Des classes de 40 à 60 élèves, âgés de 15 à 30 ans et d’horizons divers, un travail d’équipe quasi inexistant, une organisation plutôt déconcertante, aucun matériel pédagogique à part ce grand tableau noir rugueux et une craie par leçon : sacré challenge pour une jeune enseignante fraîchement débarquée de France comme moi ! Les débuts ne furent pas des plus faciles, j’ai dû observer et analyser avant tout. Et j’ai fait ma place petit à petit, proposant de nouveaux projets comme le théâtre, les jeux de communication, la rédaction d’un journal, tous accueillis avec beaucoup d’enthousiasme par les élèves. De la débrouillardise, une bonne dose de motivation et une persévérance à toute épreuve furent les clés indispensables de ces deux années de mission.

Et que de souvenirs me resteront en tête à l’issue de cette aventure humaine : les moments de partage entre collègues, les échanges avec mes supérieurs pour tenter de voir plus loin, les activités menées auprès des élèves, parfois déstabilisés par les méthodes de cette « Mademoiselle Anne » arrivée d’une lointaine France.

Durant ces deux années, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes hors du commun. J’ai pu découvrir avec eux ce merveilleux pays qu’est Madagascar. Merveilleux par la diversité de ses paysages et l’accueil de ses habitants. J’ai pris le temps de m’aventurer à travers le pays, ces diverses escapades resteront en ma mémoire pour toujours.

Avec du recul, je me dis que cette expérience de volontariat m’aide encore aujourd’hui à y voir plus clair dans la vie et pas une journée ne passe sans une pensée pour l’Île Rouge…