TÉMOIGNAGE POUR LES 50 ANS DE LA DCC

A Jérusalem, le 18 mars 2017,

Bonsoir à tous,
Nouveau challenge ce soir : conter en 3 petites minutes mon projet de volontariat, pourtant si riche, essayons …
Tout d’abord, qui suis-je ?

Je m’appelle Alix, j’ai 22 ans, et ai en poche un diplôme d’Etat de Psychomotricité et une licence de Psychologie. Egalement passionnée de voyages, investie dans le scoutisme depuis mes 8 ans, et prête à m’ouvrir à la rencontre et aux relations humaines, l’idée d’un projet avec la DCC a tout naturellement muri dans un coin de ma tête depuis quelques années déjà. C’est ainsi que le 5 octobre dernier, j’ai quitté mes petites habitudes pour rejoindre la belle mais complexe Jérusalem ! Avec moi dans l’avion : ma besace de connaissances professionnelles, une valise-cabine bourrée d’envie de vivre pleinement cette aventure, et surtout toute ma personnalité bien accrochée à mon sac à dos !
Que suis-je donc venue faire ici ?

Mon projet de volontariat m’a conduite jusqu’aux portes du (magnifique !!) hôpital français Saint Louis, tenu par les soeurs de la communauté Saint Joseph de l’Apparition. L’hôpital accueille une soixantaine de patients, pour des soins gériatriques, oncologiques et un accompagnement à la fin de vie dans l’aile dédiée aux soins palliatifs. J’ai parfois envie de rebaptiser cette institution le Mixed Hospital ou l’hôpital des mélanges, mais pourquoi donc ?
– Tout d’abord parce que les religieuses exercent conjointement avec une grande communauté de laïques.
– Ensuite parce qu’y travaillent un joli melting-pot de volontaires étrangers (une trentaine, venus de divers pays, exerçant la mission d’aide-soignant) mélangés aux soignants locaux, infirmiers, médecins ou thérapeutes.
– Egalement parce que s’y côtoient des hommes et des femmes de toutes nationalités, de toutes confessions religieuses, dans un respect et une attention particulière portée aux uns et autres, sans se préoccuper des conflits communautaires et politiques pourtant bien ancrés ici. Un « oasis dans la tourmente », pour reprendre une expression déjà entendue. Pour exemple, ne
soyez pas étonnés en venant nous rendre visite de voir dans la même chambre un homme juif orthodoxe auprès d’un patient palestinien musulman, alors que l’équipe de soignants en charge ce jour là sera composée d’une volontaire norvégienne et d’un worker palestinien chrétien, sous l’oeil avisé de l’infirmière russe !
– Ce qui me mène au dernier point de mélange : les langues !! Quel bazar parfois dans la salle de vie, quand l’éthiopien, le français, l’hébreu, le russe, l’allemand et l’anglais se font entendre en même temps, sur fond de musique arabe !
Vous l’aurez compris, l’occasion de vivre des échanges inter-culturels et interreligieux d’une richesse infinie … D’autant plus quand la fin d’une journée de travail m’emmène déambuler dans la vieille ville, où sons du muezzins, cloches, et prières au mur
des lamentations s’entremêlent dans mon petit crâne fatigué. Au delà de ces échanges et de ces relations humaines qui à mes yeux remplissent déjà une grande part de ma mission, je revêts à l’hôpital ma casquette de psychomotricienne. J’accompagne donc les patients pour des sessions individuelles visant un maintien voire une amélioration de l’autonomie, des capacités motrices, cognitives et communicationnelles. J’ai également été chargée de créer et mettre en place un programme d’activités quotidiennes pour les patients de l’aile gériatrique. Un petit challenge qui m’a appris à être à l’écoute du rythme local sans souhaiter trop précipiter les choses, mais surtout à m’adapter aux moyens mis à ma disposition pour monter ce projet. Toutefois, la joie des patients et les interactions entre eux qui se créent lors des activités me donnent suffisamment de pep’s et d’envie pour persévérer et peaufiner ce projet !
Certes, le travail prend une grande partie des 7 jours que nous offre une semaine, mais pour autant, vivre un projet de volontariat ici, c’est aussi l’occasion de découvrir un pays (plutôt 2 devrais-je dire ?) et ses cultures, d’apprendre l’arabe et quelques mot d’hébreu, de profiter de jours OFF pour vadrouiller sur les sublimes sentiers de randonnées, d’aller faire ses courses au suk un jour côté israélien, le lendemain coté palestinien, de passer chaque semaine rencontrer une famille palestinienne de Jérusalem et de cuisiner et discuter ensemble en franco-arabe, de jouer au frisbee avec les israéliens de Jérusalem Ouest, de visiter les
collègues DCC à Ramallah, Taybeh ou dans leurs missions à droite à gauche, de proposer une soirée Karaoké aux soeurs de l’hôpital (Sr Monika, Sr Valérie, à vos micros !), de s’investir auprès des Scouts et Guides de France de Jérusalem, nouveau groupe fraîchement créé, — finalement de s’émerveiller chaque jour !
Un projet de volontariat qui s’inscrit donc dans un développement professionnel, personnel et humain ; et qui me laisse l’opportunité de réfléchir à signer pour une 2ème année !