J’aimerais dire combien mon modeste engagement à la DCC a été capital pour le restant de mon existence. Combien je suis reconnaissant au prêtre qui m’a donné la chance de découvrir l’organisation et de la rejoindre.
A 20 ans il y avait un gamin qui cherchait surtout à ne pas faire de service militaire.
Quarante six ans plus tard une vie s’est construite autour de ces 2 années en Haute Volta avec les Frères des Ecoles Chrétiennes. Si le côté religieux de ces années n’a pas fait croître en moi plus de conviction, j’ai eu dès les premiers jours une profonde admiration pour ces hommes, leur travail passionné. Leur vie communautaire reste aujourd’hui le meilleur des expériences humaines de mon existence. Y avoir participé reste une chance et un honneur.
Et puis il y a eu le bonheur de l’Afrique où je suis retourné… encore et encore toute ma vie pour finir par y vivre complètement jusqu’aux premières heures de la guerre au Sahel.
Sans vous, sans ces années au sein de la DCC je serais un autre homme, avec un regard différent sur le monde et peut être une part de moi même n’aurait jamais existé. Devenir un homme à 20 ans n’est pas simple, la DCC y a largement contribué en me donnant la possibilité de partager votre engagement.
En 2011, au cours d’un de mes nombreux voyages, j’ai eu l’occasion de repasser une soirée à Diebougou. Si la tenue du collège n’est plus tout à fait celle donnée par les frères des années 70, si la plus part d’entre eux sont morts aujourd’hui, l’esprit est toujours là, dans un mode de fonctionnement africain plein d’espérance et d’avenir.
Mon fils adoptif, Dogon-Malien, est le lien essentiel qui me reste après toutes ces années en Afrique de l’Ouest et je sais qu’il est, par ses actions dans sa vie engagée devenue difficile, le relais d’un monde absent des JT de 20 h mais qui subsiste grâce à des idées comme celle de la DCC.
Merci infiniment et très longue route à vous tous.

Alain POISOT- Coopérant au Collège de Diebougou-Burkina Faso-1971 à 1973