A première vue, difficile de voir sur cette photo ce que je suis venue faire à Madagascar. Si l’essentiel de ma mission est tourné vers la rééducation, puisque je suis kinésithérapeute dans un centre de rééducation pour enfants handicapés à Tuléar, cela ne m’empêche pas d’aller régulièrement me changer les idées à Anakao un petit village de brousse au bord de la mer à une trentaine de kilomètres de chez moi.

Lieu privilégié pour me ressourcer, j’aime y retrouver Sr Florine, la supérieure d’une communauté de la congrégation avec laquelle je travaille. J’aimais beaucoup Sr Florine car j’ai toujours de beaux échanges avec elle sur ce que je vivais en volontariat, sur la vie malgache et sur des questions plus profondes. J’aimais pouvoir me confier à elle, vider mon sac quand parfois il était un peu difficile de garder ça pour soi. Après avoir profité de la mer, je la retrouve pour l’aider à faire des brioches et j’en profite pour apprendre la recette pour la refaire chez moi. Je suis fascinée de voir ce qu’elle est capable de faire avec presque rien : la communauté est pauvre et le village est loin de tout.

Cette photo ne représente pas à priori la tâche pour laquelle j’ai été envoyée à Madagascar. Néanmoins, elle est pour moi le signe que le volontariat, ce n’est pas uniquement déployer une compétence professionnelle mais c’est s’ouvrir à l’autre, aller à la rencontre, être une présence. Le volontariat, c’est peut être plus « être avec » que « faire », avec au fond cette grande question : quel usage faut- il faire de sa présence au monde ?…